Lundi 12 décembre 2011
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19:30
Occupons la crèche!
Occupés, occupations, occupants! Trilogie de décembre qui caractérise parfaitement la frénésie du Temps des Fêtes.
Les multiples préparatifs nous gardent tous et toutes occupés en de multiples préoccupations occupant horaires, activités…et cartes de crédit. Et les occupants sont légion.
L’occupant commercial joue son rôle envahisseur dans tous nos choix pour nous laisser miroiter un Noël de lumières
à très bas prix sans intérêt avant 2012, c’est-à dire jusqu’au premier paiement en janvier. L’occupant gouvernemental veut passer tous ses projets de lois conservatrices avant la fin de l’année.
L’occupant patronal exige le rendement avant le bonus, glissé dans une tasse enrubannée (si on est chanceux!). Sans parler de cet occupant dans nos vies qui vient à sa manière encombrer nos
existences. Plus l’occupant joue bien son rôle, plus nous devenons occupés et par conséquent, moins nous sommes libres.
«N’ayez pas peur! Un libérateur vous est né!»(Luc 2,1-14) C’est bien pourtant, cette grande nouvelle que les anges
ont annoncée. C’est bel et bien en terre occupée par les romains que les bergers de la Palestine ont ressenti ce vent de libération. Et ils y ont cru. Ils ont outrepassés les pouvoirs de
l’occupant en habitant leur propre histoire, leur propre humanité, leur propre pauvreté, leur propre crèche, leur propre enfant. L’Enfant-Dieu vient sonner le réveil des occupés et des
opprimés pour redonner pouvoir à la dignité humaine. Dans la nuit, les bergers se mettent en marche pour exercer leur premier geste d’occupation : non pas celle des temples et des palais, ni
même des commerces et des auberges déjà trop occupés, mais l’occupation de leur vie, de leur demeure, de leur dignité, de leur pensée, et de leur volonté.
L’histoire se répète. Le printemps arabe qui a ouvert l’année 2011, se transforme en Noël arabe : des nations
entières se dressent debout, sans autre arme que celle de leur dignité libérée de toutes peurs. Elles occupent leur «Place du peuple» pendant des jours et des semaines jusqu’à faire ployer
les occupants de leurs trônes. Par leur unique présence, elles ébranlent les colonnes du temple des bourses et des gouvernements en ne revendiquant que leurs droits à leur humanité. Appauvris par
les princes et les rois de la finance, la jeunesse de ces peuples se relève par la richesse de leurs ambitions. Le Messie n’est plus couché dans cette mangeoire d’antan emprisonnée et étouffée
par des traditions et des codes religieux, mais il naît en chacune de ces personnes qui se dressent debout, occupant leur propre terre. L’oppression des puissants isole et coûte cher en
violation des droits humains, alors que la résistance pacifique des humbles se répand par contagion, de cœur à cœur, de nations à nations, de continents à continents et se paie à grands
frais de sacrifices humains.
Que ce Noël soit le dernier de l’occupation étrangère à nos cœurs, le dernier Noël des occupés manipulés par la
consommation et la programmation des puissants, le dernier de l’occupant qui me garde étranger en ma propre demeure, en ma propre ville, en mon propre pays, en ma propre Église. Que ce Noël soit
le dernier des occupants pour devenir le premier des « libérés de toutes peurs», en s’offrant le cadeau de la confiance, de la créativité et de la cohérence dans la juste répartition des
richesses communautaires et planétaires.
Dans la nuit de Noël, que les églises du monde entier deviennent des lieux d’occupation rassemblant femmes, hommes
et enfants au nom de l’espoir et de l’indignation pour rallier la résistance engendrée par l’Amour fait chair. Que le recueillement enfante le silence rebelle à tous les discours ignorant la
pauvreté et l’injustice. Que nos chants deviennent des hymnes de libération «annonçant une bonne nouvelle pour tous les Peuples». Que nos prières donnent aux mots le pouvoir de l’action. Que nos
autels soient des tables ouvertes aux affamés et aux assoiffés de communion et d’harmonie. Que nos crèches désertées par les traditions redeviennent l’emblème «d’un ciel nouveau et d’une terre
nouvelle où résidera la justice.» (2 Pi 3,14). En cette nuit du 24 décembre à 20 heures, rassemblons-nous tous et toutes nombreux en notre petite église au nord du 60e pour célébrer
notre espérance en notre Dieu sauveur. Il ne peut plus occuper notre terre sans nous. Occupons notre crèche! Claude Gosselin,
ptre
Cette chronique est présentée par le Comité francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod. Pour plus
d’informations sur toutes nos activités : 393-4791 ou cfcyukon@klondiker.com
Pour croire en la
réconciliation possible dans leur vie, ces jeunes ont célébré pour la première fois le sacrement du pardon en ce 2e dimanche de l’Avent, le 4 décembre 2011. Félicitations !