Comité francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod (Yukon)
Nous y sommes !
Le baptême de Jésus nous montre un Dieu prêt à tout pour nous sauver : il se plonge lui-même dans notre péché, notre détresse, notre désir de s’humaniser en bonté, en justice, en amour ! Une amie m'a envoyé ce texte d’un écrivain archéologue la veille du Jour de l’An. Il nous invite à plonger dans une 3e révolution. Pas bête et surtout très encourageant !
« Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marré. Franchement on a bien profité. Et l’on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.
Mais nous y sommes. À la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? », demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidée, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore), on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés.
S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y. Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible. À condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être. À ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. À ce prix, nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
(Archéologue et écrivain)
Bonne semaine !
Remerciements : Mille mercis à tous ceux et celles qui ont fait de nos célébrations du Temps des Fêtes de réels moments de communion, de prière et de réjouissances. Que ce soit par le chant, la musique, les différents services liturgiques à Noël ou l’animation à la pastorale des enfants au cours de l’Avent , tous ces gestes nous ont permis de découvrir un Dieu proche, incarné et déterminé à construire sa crèche parmi nous. Vous êtes vraiment des instruments d’amour du Bon Dieu!
Bienvenue à nos nouveaux arrivants Sylvie, Clément, Émilien et Gabriel qui nous ont rejoints le soir du 24 décembre à la manière des Mages suivant l’étoile. Puissiez-vous être heureux dans ce pays où Dieu vous a conduits. Faites comme chez vous, sans vous connaître nous vous attendions!
Banque alimentaire : Devenez membre de la banque alimentaire en supportant l’organisme par un don pour la nouvelle année. Faites partie du Club des 500 par un don mensuel de $10.00 par carte de crédit, et plus de $50,000.00 seront amassés annuellement! Des formulaires sont disponibles au bureau du CFC ou dans le hall de la cathédrale. Infos : Claude 393-4791 ou Michel 668-7711.
Calendrier des activités :
ADACE (Assemblée dominicale en absence de célébration eucharistique) Une formation aura lieu mardi 13 janvier au sous-sol de la cathédrale à 19 h. Cette formation est ouverte à toutes personnes intéressées à animer nos rassemblements dominicaux quand il n’y aura pas de prêtre.
Réunion du CFC jeudi 15 janvier à 19 h chez Claude.