Comité francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod (Yukon)
La mode est aux forfaits-voyages: tout est compris dans le prix d'achat. Voici donc un forfait pascal d’une semaine: tout est inclus sans avoir à débourser un seul sou. Tout au long de cette semaine, l'ordinaire deviendra extraordinaire. On l'appelle semaine sainte, non parce qu'on y met le prix, mais parce qu'on s'ouvre à accueillir un amour gratuit qui vient de l'intérieur. La sainteté, ce n'est pas une auréole qu'on s'ajoute sur la tête, mais plutôt un rayonnement d'amour qui se dégage de l'intérieur vers l'extérieur de soi.
Pour ce forfait pascal, aucune valise n'est à préparer. Au contraire, on doit se désencombrer de tout ce qui empêche la vie de fleurir et de porter ses fruits. D'abord faire un grand ménage du printemps dans nos modes de consommation, dans nos rituels, dans nos relations, dans notre manie de chercher à être aimé à tout prix, dans toutes nos tentatives d'acheter l'affection, la reconnaissance, le prestige. Tout çà trafique notre existence et nous éloigne de la gratuité de la vie. Pâques est fondamentalement un chemin de passage entre ce qui nous fait mourir et ce qui veut vivre en nous. La crise économique en est un bel exemple: mourir à notre monde de surconsommation ne peut que susciter une vie nouvelle où la production serait davantage orientée vers la promotion de la personne humaine et le respect des ressources naturelles pour le mieux-être de tous. Pâques devient ainsi source d'inspiration dans ce passage difficile: humaniser par la communion plus que par la domination, la possession ou l’oppression.
Ce forfait pascal nous invite aussi à nous questionner : qui est à notre table et quel pain partageons-nous? À son dernier repas, Jésus nous a ouvert les yeux sur une communion renouvelée: se reconnaître les membres d'un seul corps. À ce repas, il n'a pas pris la première place à table, mais il a consacré un nouveau pouvoir en prenant la dernière place. Le seul pouvoir acceptable est celui du service. De la même manière que tous les membres du corps sont au service les uns des autres en se donnant les uns aux autres, de même nous avons à vivre nos rapports à l'humain et à la création dans une attitude de service. Donner à l'amour son vrai pouvoir, celui de se donner et d'avoir droit à une libre circulation entre tous et toutes. Tout un traité de libre-échange n'est-ce pas? Personne ne s'enrichit au détriment des autres, mais tout le monde se nourrit d'un même pain partagé équitablement. C'est le jeudi saint!
Tout bon forfait comprend des épreuves: payer pour avoir du soleil, alors qu'il pleut six jours sur sept n'a rien d'amusant. Et pourtant c'est bien là que tout bascule. Qu'est-ce qui se meurt en nous? Qui se meurt autour de nous? À quoi notre monde est-il appelé à mourir? Nier la réponse, c'est refuser de goûter à la vie neuve qui se cache dans la semence d'amour qui veut germer en nous et sur notre terre. La résurrection ne se compare pas à une vie qu'on remplace comme si on voulait se remonter le visage pour garder une pseudo-jeunesse. La résurrection, c'est vraiment une vie inattendue se relevant de nos propres morts. On touche ici à la partie invisible du forfait. Pas facile de mourir ou de laisser mourir, mais c'est en même temps l'occasion de découvrir la douceur sur les chemins de compassion, la tendresse par le biais d'un regard, la solidarité qui crée du neuf par la création de solutions simples et adaptées. La résurrection, c'est le coeur humain qui s'adapte au coeur de Dieu en laissant le Christ s'adapter à nos propres croix. C'est le vendredi saint!
Le forfait pascal oblige à un grand dépouillement de nos titres, de nos peurs, de nos désillusions, de nos pouvoirs politiques, économiques et religieux, pour entrer dans un espace vide où même Dieu semble absent tellement il est silencieux. C'est le jour de l'abandon, le jour mystérieux où le grain se meurt d’éclater dans la terre de notre jardin. C'est le jour de l'abandon à l'amour originel qui ne peut que nous surprendre. C'est le samedi saint!
Et arrive le jour de l'éclosion: le tombeau s'ouvre non plus de l'extérieur, mais bien de l'intérieur. Le germe divin « s'entige » du coeur humain et perce le sol de nos fermetures, de nos haines et nos égoïsmes pour nous offrir la beauté d'une création nouvelle. Plus rien n'est pareil. On sent la vie s’écoulant de la moelle de nos os jusqu'au bout des doigts: une vie débordante qui s'active en de multiples jaillissements. C'est la fiesta au coeur du forfait!
Chaque année Pâques s'offre à nous comme une occasion d'humaniser notre vie en se laissant transformer de l'intérieur. Le Christ s'offre en forfait-croissance! Plus durable et moins coûteux qu'un forfait-vacances, la vie de son amour n'a pas de dates d'expiration puisqu'il a donné son dernier souffle une fois pour toute sur la croix en le répandant dans tout l'univers pour une vie en abondance. Bon forfait pascal!
Jeudi Saint
La célébration du Jeudi Saint sera suivie d’une fête pour souligner la première communion de 6 jeunes de notre communauté : Pier-Anne, Briaunna, Eve, Jérémie, Stéphanie et Amélie. Pour le potluck, on vous demanderait d’apporter des bouchées faciles à manger avec les mains.
Horaires des célébrations pascales
v Jeudi saint 9 avril à 17 h 00 : Vivre le dernier repas du Seigneur en compagnie de 6 jeunes célébrant leur première communion. Un souper « à la fortune du pot » suivra après la célébration, à la cathédrale Sacré-Cœur (coin Steele et 4e avenue).
v Nuit de prière silencieuse dans la soirée du jeudi saint à la cathédrale, de 20 h à minuit
v Vendredi saint 10 avril à 14 h 00 : Marcher avec le Christ son chemin de croix en solidarité avec les souffrances et les espoirs du monde entier, à Long Lake.
v Dimanche de Pâques 12 avril : Replongeons dans notre baptême, par la cueillette de l’eau de Pâques, au lever du soleil au camping de Wolf Creek à 5 h et célébration de l’eucharistie à la cathédrale Sacré-Cœur à 10 h10.
BIENVENUE !
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